Attente réduite pour les jeunes migrants dans le Tarn

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Depuis le 1er janvier, 256 jeunes migrants isolés sont arrivés dans le Tarn. 30 arrivent chaque mois, en moyenne, depuis septembre. Le service d’évaluation et d’orientation a été renforcé. L’accueil et l’accompagnement des jeunes migrants confiés au Tarn par l’état représentent 10 % du budget de l’aide à l’enfance du Département.

En mars dernier, 72 jeunes migrants étaient en attente d’évaluation de minorité, mis à l’abri dans des hôtels albigeois et tarnais par les services d’aide à l’enfance du département.

Le délai de cinq jours, fixé et pris en charge par l’état, était largement dépassé, allant jusqu’à plus de deux mois d’attente. Avec un coût exponentiel pour le département chargé par l’état de la protection de l’enfance sur son territoire. D’où la création, il y a un an, d’un service dédié à l’évaluation, l’hébergement et l’orientation (Seho) créé et délégué à l’Anras 81 (association nationale de recherche et d’action solidaire).

C’est d’elle que dépend, entre autres, la maison d’enfants à caractère social (Mecs) Saint-Jean à Albi où ont lieu les entretiens d’évaluation des jeunes migrants.

Mauvaise évaluation des besoins ou manque de formation des nouvelles équipes : au bout de six mois, le Seho n’avait pas réussi à réduire l’attende dans les hôtels. «Nous n’étions pas suffisamment dans les clous pour la durée d’évaluation qui allait encore de trois semaines à un mois» reconnaît Monique Corbière-Fauvel, vice-présidente du département, en charge de l’aide à l’enfance et aux familles et chef de la mission départementale «Mineurs non accompagnés» créée en avril 2018.

« Ils ont fugué »

Depuis, le DE81, dispositif expérimental tarnais, mis en place en concertation avec les juges pour enfants, les procureurs d’Albi et Castres et toujours l’Anras, avec 30 places (et lits) d’accueil, a permis de désengorger la filière d’évaluation, et de vider les hôtels.

Il faut dire qu’à sa mise en place, au début de l’été, 85 jeunes jusque-là hébergés par le département, en attente d’évaluation de leur minorité, ont disparu de la circulation.

«Ils ont fugué… Le fait que l’Anras soit présente sur plusieurs départements voisins a permis de révéler que certains jeunes, déjà évalués majeurs ailleurs, étaient revenus dans le Tarn… On imagine qu’ils vont se présenter dans d’autres départements. L’Aveyron par exemple, a alerté sur une augmentation des arrivées» justifie Monique Corbière-Fauvel.

Une analyse qui fait bondir certaines associations de défense des mineurs migrants isolés comme Resf 81, qui dénonce un dispositif aboutissant à «… des jeunes qui sont mis à la rue, privés de leurs droits fondamentaux, sans hébergement, sans accompagnement, sans soins». Un collectif d’associations signataires appelle à manifester mardi 6 novembre à 11 h 30 devant le conseil départemental du Tarn pour dénoncer «un traitement inhumain imposé à ces jeunes».

Des familles hébergeantes

«Le problème, c’était de trouver des places et que les associations s’adaptent» poursuit Monique Corbière-Fauvel, en listant plus de cent nouvelles places budgétisées. «La situation est beaucoup moins critique aujourd’hui, on tient le budget» ajoute l’élu en évaluant à 10 % du budget d’aide à l’enfance (7,90 M€) la part consacrée aux jeunes migrants.

Aujourd’hui la Mission mineurs non accompagnés travaille avec le Secours catholique, l’association Ensemble à Castres, le foyer Ségala à Saint-Martin Laguepie ou encore l’association Alpha Protec d’accueillants solidaires basée au Séquestre. Objectif, trouver des familles dignes de confiance pour accueillir des jeunes migrants, à temps complet ou partiel. «Deux ou trois familles se sont déjà manifestées. Le Département prendra des décisions de mise en place avant la fin de l’année», annonce Monique Corbière-Fauvel.

L’élue tarnaise mise beaucoup sur des négociations en cours avec Sébastien Lecornu, le nouveau ministre auprès de la ministre de la Cohésion des territoires, qui était jusque-là président du département de l’Eure. Ce qui devrait en faire un interlocuteur avisé.


106 places de plus

En 2017, le Tarn a mis à l’abri 249 jeunes migrants isolés arrivants ; 118 migrants mineurs lui ont été confiés ainsi que 60 jeunes majeurs en contrat. Depuis le 1er janvier 2018, 256 jeunes migrants sont arrivés dans le Tarn, une hausse de 3 % par rapport à 2017. Aujourd’hui, le Département prend en charge 177 mineurs et accompagne 68 jeunes majeurs.

L’appel à projet lancé il y a un an par le département, a permis de créer 106 nouvelles places d’accueil, à Castres au foyer protestant (30 places) et à l’AEP La Landelle (15 places), à Graulhet au Foyer Léo Lagrange (55 places) et à Gaillac à l’ARSEAA Lucie Aubrac (6 places). 32 places autorisées sont en cours d’ouverture par les établissements et services sociaux habilités par l’Aide sociale à l’enfance.

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